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SCIENCE ET FOI - ACTUS - ARTICLES

Polycarpe - un homme impressionnant, un témoin de poids



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28 Mars 2018

Polycarpe, un témoin de poids vivant au premier siècle



Article sur une figure impressionnante du christianisme primitif

Quand l'ami personnel d'un des 12 disciples de Jésus-Christ nous laisse une lettre, forcément ça interpelle !


Un article de Patrick Vauclair - Mars 2018

Polycarpe était un des amis de l'apôtre Jean.
Il a donc connu personnellement un des douze apôtres de Jésus.

Son témoignage s'avère de ce fait de la plus haute importance, puisque ses écrits nous permettent d'avoir accès directement à la période qui a suivi immédiatement celle rapportée par les Evangiles.
De plus - et c'est évidemment capital - son témoignage atteste directement de la réalité du ministère de Jésus, accompagné de ses disciples !!

A l'heure où les Evangiles sont attaqués et remis en question frontalement, ses écrits revêtent donc une importance toute particulière, pour ne pas dire décisive. (voir point 4)

Que pouvons-nous apprendre concrètement de Polycarpe et des écrits qu'il nous a laissés ?

1. Polycarpe est devenu évêque de Smyrne (ancêtre de l'actuelle Izmir en Turquie), vers l'an 100.
Cela montre donc que la foi chrétienne était solidement implantée et que des communautés chrétiennes s'étaient établies et développées loin de Jérusalem en moins de 70 ans ! Le message de l'évangile, centré autour de la résurrection de Jésus, s'était répandu comme une traînée de poudre et avait donné naissance à de solides communautés, jusque dans des contrées éloignées géographiquement et culturellement de Jérusalem.
Il faut ici noter que le terme évêque (Episcopos en grec) n'a qu'un lointain rapport avec le prélat de même nom qui existe de nos jours dans l'église catholique. A l'époque il n'existait ni église catholique, protestante ou autre, mais des communautés autonomes, missionnaires et très dynamiques, qui n'avaient aucune direction centrale ni hiérarchie (le premier pape catholique, Léon 1er a été établi en 440, le schisme entre catholiques et orthodoxes s'est produit au Moyen-âge en 1054, et la réforme protestante s'est produite en 1517).
A l'origine, l'évêque, ou encore le "veillant sur" (traduction littérale du terme biblique), était un croyant dont les qualités morales et spirituelles étaient reconnues par les communautés chrétiennes locales. Il veillait sur plusieurs communautés de croyants, avec l'amour et la fermeté d'un père de famille, et la capacité spirituelle reconnue de leur apporter un enseignement biblique de qualité (1). Pour qu'il puisse être nommé "Episcopos" (évêque) par les croyants d'une région, il devait être un homme possédant une foi authentique, et être un modèle pour les croyants, humble et irréprochable. En ce sens Polycarpe a été en son temps une figure de poids qui a rendu un témoignage lumineux au christianisme authentique.

2. Le second point qui ressort de ce qu'il a écrit et de ce que d'autres ont écrit sur lui par la suite, c'est que les disciples de Jésus (les premiers chrétiens) n'étaient pas animés d'une vague foi, sorte de superstition qui allait devoir se préciser (entendez "être inventée") au cours des siècles suivants. Cette idée fausse, pourtant si courante aujourd'hui, est contredite par les documents de l'époque. Nous sommes obligés de constater que ce qu'ils croyaient et proclamaient dès l'origine était extrêmement clair et bien défini. Ici encore, la thèse d'une rédaction tardive des livres du Nouveau Testament ne s'accorde pas avec les faits.

3. Le troisième point, qui authentifie au final le récit des Evangiles est son martyre. En effet si quelqu'un peut mourir pour une idéologie qu'il pense être juste, personne n'accepterait de mourir pour ce qu'il saurait de façon certaine être une légende ! Or Polycarpe connaissait justement avec précision les faits qui concernaient Jésus.
En effet Polycarpe avait eu le privilège particulier de les entendre directement de la bouche de Jean. De plus il faut se souvenir que Jean n'était pas seulement un des 12 disciples de Jésus, mais un de ses 3 plus proches disciples (avec Pierre et Jacques). Il faisait partie de ce "premier cercle" qui avait été témoin d'événements surnaturels exceptionnels. Si les 12 avaient tous vu de leurs yeux des miracles "ordinaires" (guérisons instantanées d'aveugles, de paralytiques ou de lépreux, Jésus qui marche sur les eaux ou délivre des possédés), Pierre Jacques et Jean, eux, avaient vécu des épisodes encore plus exceptionnels et lourds de signification, comme, par exemple, la transfiguration de Jésus, en présence de Moïse et Elie…
Jean n'avait donc pas été un croyant "ordinaire", qui avait juste entendu parler de Jésus, ou qui avait éventuellement assisté à quelques miracles de Jésus, mais il était un des disciples les plus proches du Christ et avait le privilège immense, non seulement de voir de nombreux signes surnaturels révélant la véritable nature du Christ, mais même de vivre personnellement plusieurs épisodes exceptionnels que très peu d'êtres humains ont vécu.
Quand on réalise que Polycarpe a été son disciple, on peut se faire une petite idée de tout ce que Polycarpe a pu apprendre.
Le fait qu'il soit allé à la mort sans hésiter, constitue donc un nouveau témoignage fort à la réalité des événements relatés dans les Evangiles. Il est allé au martyre avec le calme et l'assurance de ceux qui savent avec certitude ce qui les attend de "l'autre côté". Voir le récit de son martyre en fin d'article.

4. Le quatrième point est d'un autre ordre. C'est un élément factuel très concret - et même une véritable bombe - pour tous ceux qui contestent la validité des Evangiles et autres écrits du Nouveau Testament. En effet une lettre de Polycarpe - lettre adressée aux Philippiens dont vous trouverez la copie sur l'excellent site Patristique.org (2) - fait référence à la totalité des livres du Nouveau Testament. Ce fait remarquable est une confirmation éclatante que la totalité des écrits du Nouveau Testament (les 4 Evangiles, les Actes des Apôtres, toutes les lettres et l'Apocalypse - soit 27 livres) étaient déjà rédigés et en circulation vers l'an 120. Donc très longtemps avant ce que les détracteurs du christianisme affirment pour faire croire à des légendes forgées longtemps après les faits. C'est donc une attestation supplémentaire de la fiabilité des écrits du Nouveau Testament comme l'expose succinctement la vidéo "Le Nouveau Testament et Les Evangiles sont-ils des documents fiables ? " (3 - Lien en fin d'article)



Récit du Martyre de Polycarpe :
C'est au cours de sa prière que, trois jours avant d'être arrêté, il eut une vision : son oreiller prenait le feu et était entièrement consumé. Alors il se tourna vers ses compagnons : « Il faut que je sois brûlé vif. »
… Les policiers, à pied et à cheval, armés jusqu'aux dents, se mirent en chasse, comme s'ils couraient après un brigand. Tard dans la soirée, les voilà qui trouvent la maison et se lancent à l'assaut. Il était couché à l'étage supérieur. Une fois encore, il aurait pu s'échapper, mais il refusa : « Que la volonté de Dieu soit faite », dit-il.
Quand il sut qu'ils étaient là, il descendit et engagea la conversation. Son âge et sa sérénité les frappèrent et ils ne comprenaient pas qu'on ait mis tant de police sur le pied de guerre pour arrêter un si noble vieillard. Mais lui, malgré l'heure tardive, les invita aussitôt à manger et à boire à satiété, il leur demanda seulement de lui laisser une heure pour prier en paix. Ils le lui accordèrent. Alors, debout, il se mit à prier, si intensément pénétré de la grâce de Dieu que deux heures durant il ne cessa de parler et d'impressionner ceux qui l'écoutaient. Beaucoup se repentaient d'être venus arrêter un vieillard aussi saint.
Quand il eut achevé sa prière, où il avait fait mémoire de tous ceux qu'il avait rencontrés dans sa vie, petits ou grands, illustres ou obscurs, et de toute l'Église universelle, répandue dans le monde entier, l'heure du départ était arrivée. On le jucha sur un âne et on le conduisit à la ville : c'était le jour du grand sabbat. L'irénarque Hérode, ainsi que son père Nicétès, vinrent au-devant de lui et le firent monter dans leur carrosse. Assis à ses côtés, ils essayèrent de le fléchir, disant : « Quel mal y a-t-il à dire Seigneur César, à sacrifier et à observer notre religion pour sauver sa vie ? » …
Du stade montait une énorme rumeur et nul ne pouvait s'y faire entendre. Quand Polycarpe en franchit les portes, une voix retentit du ciel : « Courage, Polycarpe, et sois un homme ». Nul ne vit qui avait parlé, mais ceux des nôtres qui étaient présents entendirent la voix. On fit entrer Polycarpe. Quand la foule apprit qu'il avait été arrêté, les clameurs redoublèrent.
Le proconsul le fit comparaître devant lui et lui demanda s'il était Polycarpe. « Oui », répondit celui-ci. Alors il essaya de le faire abjurer : « Respecte ton âge », disait-il. Suivaient toutes les paroles que l'on tenait en pareil cas : « Jure par la fortune de César, rétracte-toi, crie : à mort les impies ! »
Alors Polycarpe jeta un œil sombre sur cette populace de païens massée dans le stade, et pointa sa main vers elle. Puis il soupira, et, les yeux levés au ciel, il dit : « A bas les impies ! » Le proconsul le pressait de plus belle : « Jure donc et je te libère, maudis le Christ ! »
Polycarpe répondit : « Si tu t'imagines que je vais jurer par la fortune de César, comme tu dis, en feignant d'ignorer qui je suis, écoute-le donc une bonne fois : je suis chrétien. Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers et il ne m'a fait aucun mal. Comment pourrais-je insulter mon roi et mon sauveur ? Si le christianisme t'intéresse, donne-toi un jour pour m'entendre » …. Cependant, ce dernier (le proconsul) envoya son héraut au milieu du stade pour claironner trois fois : « Polycarpe a avoué qu'il est chrétien ! » La déclaration du héraut mit en fureur toute la foule des païens et des Juifs qui résidaient à Smyrne. Les cris éclatèrent : « C'est lui, le maître de l'Asie, le père des chrétiens, le fossoyeur de nos dieux, c'est lui qui incite les foules à ne plus sacrifier ni adorer ! »
Au milieu de leurs hurlements, ils demandaient à l'asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Mais il objecta qu'il n'en avait plus le droit, parce que les combats de fauves étaient clos. Alors d'une seule voix, ils réclamèrent que Polycarpe pérît par le feu. Il fallait en effet que s'accomplît la vision qui lui avait montré son oreiller en flammes, tandis qu'il priait, et qui lui avait arraché devant ses amis ce mot prophétique : « Il faut que je sois brûlé vif ».
Les événements se précipitèrent. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la foule se rua dans les ateliers et dans les bains pour ramasser du bois et des fagots. Les Juifs s'acquittaient de la besogne avec leur zèle habituel. Quand le bûcher fut prêt, le martyr retira lui-même tous ses vêtements, il détacha sa ceinture, puis commença à se déchausser, geste dont les fidèles le dispensaient toujours : dans l'impatience où ils étaient de toucher son corps, tous se précipitaient pour l'aider. Bien avant son martyre, la sainteté de sa conduite inspirait cette unanime révérence.
Rapidement, on disposa autour de lui les matériaux rassemblés pour le feu. Mais, quand les gardes voulurent le clouer au poteau : « Laissez-moi comme je suis, leur dit-il. Celui qui m'a donné la force d'affronter ces flammes me donnera aussi, même sans la précaution de vos clous, de rester immobile sur le bûcher. » Ils ne le clouèrent donc pas et se bornèrent à le lier. Les mains derrière le dos, ainsi attaché, il ressemblait à un bélier magnifique, pris dans un grand troupeau pour être offert en sacrifice à Dieu et à lui seul destiné. Alors, il leva les yeux au ciel et dit : « Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de Jésus-Christ, ton Fils béni et bien-aimé, à qui nous devons de te connaître, Dieu des anges, des puissances, de toute la création et du peuple entier des justes qui vivent sous ton regard, je te bénis parce que tu m'as jugé digne de ce jour et de cette heure, et que tu me permets de porter mes lèvres à la coupe de ton Christ, pour ressusciter à la vie éternelle de l'âme et du corps dans l'incorruptibilité de l'Esprit Saint. Accueille-moi parmi eux devant ta face aujourd'hui ; que mon sacrifice te soit agréable et onctueux, en même temps que conforme au dessein que tu as conçu, préparé et accompli. Toi qui ne connais pas le mensonge, ô Dieu de vérité, je te loue de toutes tes grâces, je te bénis, je te glorifie au nom du Grand Prêtre éternel et céleste, Jésus-Christ, ton Fils bien-aimé, par lequel la gloire soit à toi comme à lui et à l'Esprit Saint, aujourd'hui et dans les siècles futurs. Amen ! »
Quand il eut prononcé cet « amen », qui achevait sa prière, les valets allumèrent le feu. Une gerbe immense s'éleva et nous fûmes les témoins d'un spectacle extraordinaire qui ne fut donné à voir qu'à ceux qui avaient été choisis pour ensuite faire connaître ces événements. La flamme s'arrondit. Semblable à la voilure d'un navire que gonfle le vent, elle entoura comme d'un rempart, le corps du martyr. Ce n'était plus une chair qui brûle, c'était un pain que l'on dore, c'était un or et un argent incandescents dans le creuset, et nous respirions un parfum aussi capiteux qu'une bouffée d'encens ou quelque autre aromate de prix.
À la fin, voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les scélérats ordonnèrent au bourreau de l'achever d'un coup de poignard. Il s'exécuta. Un flot de sang jaillit de la plaie et éteignit le feu. Toute la foule s'étonna de la grande différence qui sépare les incroyants des élus… Telle est l'histoire du bienheureux Polycarpe.
(4 - Détails sur l'origine de cette lettre)



Références et notes :
1. Les qualités requises pour être nommé "episcopos" (évêque) : Voir Première lettre de Paul à Timothée - chapitre 3 versets 1 à 7
2. Une lettre de Polycarpe : sa lettre aux Philippiens - texte original grec avec traduction française Lettre de Polycarpe aux Philippiens
Ce texte met en évidence les citations des divers livres du Nouveau Testament et confirme qu'ils étaient déjà largement en circulation à son époque. Si Polycarpe avait accès à chacun des 27 livres du Nouveau Testament, c'est que des copies circulaient parmi les nombreuses églises qui naissaient partout - et donc que les originaux (Evangiles et lettres) étaient encore bien plus anciens.
3. vidéo : Le Nouveau Testament et les Evangiles sont-ils des documents fiables ?
4. Sur l'origine de la lettre et son contexte, voir l'article sur Polycarpe dans Patristique.org : Origine et contexte de la lettre



Notre commentaire
Si notre siècle est violent à l'égard des témoins de Jésus, le premier siècle ne l'était assurément pas moins, avec de nombreux martyrs jetés aux lions ou au feu.
Ce témoignage qui a traversé les siècles met en lumière la valeur inestimable du trésor que les chrétiens ont découvert - découverte qu'ils ont cherché depuis lors à perpétuer, même au prix de leur vie.


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